Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 août 2014 4 07 /08 /août /2014 20:19

Ou plutôt nuit une. Nous sommes arrivés dans la nuit et Juliette nous a ouvert la porte « mais non, vous ne me réveillez presque pas, il n’est que 3h et demie, par contre excusez-moi je retourne me coucher, je me lève tôt demain ». C’est peut-être là que le ton a été donné, ici on sera choyé, reçu, accueilli comme des amis, tout le temps, partout.

L’appartement sous les toits est très chaud mais nous pouvons faire un courant d’air entre les deux terrasses. Une des terrasses donne sur la mer de Marmara et l’embarcadère de Kadiköy et l’autre sur l’ancienne gare, le Bosphore et sur l’autre rive le quartier de Sultanahmet, on voit les six minarets de la mosquée bleue, le parc de Topkapı, Aya Sofia… Nous savons où nous avons atterri : Istanbul !

Nous retrouvons avec émotion dix ans après les bruits de la nuit stambouliote : les mouettes, les télés crachotantes, les moteurs de cette ville qui ne dort jamais, et au moment où nous allons nous coucher, comme pour nous saluer, l’appel du muezzin.

Le matin nous faisons le tour du quartier de Kadiköy [prononcer : Kadikeuy]. C’est un quartier paisible, et nous le découvrirons au fur et à mesure, assez bobo, ici on ne vote pas Erdoğan [Erdooan] et on porte peu le foulard et encore moins la tenue complète toute noire. On y retrouve ce qui me plait le plus dans cette ville : sa mixité, de visage, de religions … Les Turcs peuvent avoir des visages très différents : balkaniques ou caucasiens, pâles ou sombres et très brun avec parfois les yeux clairs, ou l’inverse, ou encore asiatique, proche des visages mongols. Par contre nous verrons très peu de visages africains.

Premier café turc, kahve, sade pour moi (sans sucre). Il faut attendre un peu pour boire son kahve, le temps que le marc descende bien au fond de la tasse, ensuite il ne faut pas boire goulument, sinon on se retrouve avec du marc plein la bouche… Avoir un türkish Kahvesi, c’est tout un art en fait ! Un art de riche, ici c’est le thé la boisson pas chère qui permet de rester des heures au bistro avec les copains sans trop débourser : un thé (çay) c’est 1 TL (+/- 0, 35 €) alors que le kahve c’est plutôt 4 à 5 TL (türkish lira)

Première traversée en vapur, [vapour] les bateaux bus qui relaient les deux rives du Bosphore. Chaque destination à son embarcadère, ceux de kadiköy sont entre 5 et 15 minutes à pied de notre appart, facile. Christelle qui nous sous loue sa part de la coloc nous a laissé son instanbulkard, qui nous permettra de prendre facilement les transports pendant tout notre séjour (bus, métro, funiculaire et vapur).

Istanbul : Jour 1

Pour le premier jour on fait les classiques : mosquée bleue et sainte Sophie, les touristes sont là, et bien là ! (Ils ont raison c’est magnifique). La mosquée bleue est littéralement prise d’assaut, et pendant que R. fait la queue, je commence à écrire les premières lignes de mon carnet de voyage. Nous sommes LE vendredi saint du Ramadan (Ramazan ici), vraiment pas le bon jour pour la visite, la foule annule le charme du lieu. Les croyants mâles peuvent accéder à la salle de prière qui occupe la majeure partie de la mosquée (le croyant femelle doit souvent  se contenter d’un placard grillagé derrière les touristes !D’un autre côté je ne suis pas sûre que les femmes aient envie de lever leurs fesses vers le ciel devant tout le monde et que leur croupe soi sous tous les regards !). Sainte Sophie est beaucoup plus calme, du coup on profite mieux des lieux (on ferra même une petite sieste dans les travées des balcons, un garde viendra nous prévenir de la fermeture imminente !)

 

Istanbul : Jour 1Istanbul : Jour 1

En sortant c’est la belle heure, nous flânons dans le quartier qui se vide un peu, petit pèlerinage : il y a dix nous étions en « voyage de noce » dans un hôtel de cette rue, ou peut-être celle d’à côté, … En tout cas, d’ici, on voit la mer de Marmara, et les pierres deviennent dorées, puis la petite ruelle qui contourne Aya Sofia, bordée de maisons en bois et de bougainvilliers… que c’est joli !

 

 

Une petite descente plus tard, et hop ; nous voilà sur l’embarcadère d’Eminonü, espace mythique, magique (peut-être parce qu’on le voit dans tous les films qui se passent ici ?), chaque fois que nous repasserons par là je serais prise de ce sentiment de douce euphorie. L’odeur et la fumée des maquereaux que l’on grille pour les sandwichs au poisson (Ekmek balık), les vendeurs de tout, le ballet des passagers des vapur, les pécheurs du pont de Galata, le Bosphore, le profil des mosquées dans le coucher de soleil… je plane littéralement.

 

Istanbul : Jour 1
Istanbul : Jour 1
Istanbul : Jour 1
Istanbul : Jour 1
Istanbul : Jour 1
Istanbul : Jour 1

De l’autre côté de la corne d’or, nous grimpons jusqu’à Tünel (mince on avait pas vu qu’il y avait un téléphérique ! Bof… c’était chouette aussi de marcher, non ? Changement de décor, changement d’ambiance, des bars branchouilles déguellent des musiques immondes (et très fort sinon ce n’est pas pareil), des pépettes et des pigniouf se la jouent avec leurs cocktails… pas tout à fait ce que l’on recherche…

Un peu crevés par notre nuit de voyage et cette première journée bien remplie,  nous trouvons LE petit resto de quartier sans musique (ouf !) qui sert des mezzés très frais et très bons.

Nous dévalons la colline de Beyoğlu pour prendre le bateau à karaköy, en arrivant à l’appart nous trouvons les colocs qui dinent sur la terrasse et nous faisons gentiment connaissance, Rachel est Philippine elle enseigne l’anglais, Esteban de passage, est Espagnol et enseigne … : l’espagnol, Juliette est volontaire pour une organisation catho, elle travaille auprès de vieux dans des hôpitaux psy et intervient dans des bibliothèques d’écoles privées, Zveki le petit copain de Rachel est Turc (avant il était albanais).

Alors que R. profite un peu plus de la soirée, je déclare forfait et je m’effondre littéralement.

Istanbul : Jour 1

J'ai tenu un carnet, les 17 jours de notre voyage.

Comme ça tout doucement je retrouve un peu le chemin des mots.

Donc, voila les copains, vous avez pas tout à fait fini de bouffer de la photo moche faite avec le téléphone et des récits mièvre et énamouré de nos retrouvailles avec cette ville.

Partager cet article

Repost 0
Published by L'impatiente
commenter cet article

commentaires

Sacrip'Anne 09/09/2014 06:19

En retard mais enthousiaste !

Lulu 08/08/2014 08:57

Merci pour ce billet !
Istanbul est une ville magique... que je connais bien (la Turquie étant le pays de mes parents).

Franck 08/08/2014 06:45

J'irai bien promener mon appareil photo dans ce coin, dis-donc !

l'impatiente 08/08/2014 07:14

Il faut y retourner Samandti !
Et pour quelqu'un qui sait y faire avec un appareil photo, Istanbul c'est un peu l'éclate je crois, Franck !

samantdi 07/08/2014 22:55

Super ! Ta première journée me rappelle la mienne, à Istambul, il y a 6 ans... J'ai hâte de lire la suite.
(la sonorisation en Turquie, c'est quelque chose, même les plages sont sonorisées, une musique de variété très forte, à te tirer de là)

  • : Une impatience
  • Une impatience
  • : Impatience : (n. f.) Manque de patience; sentiment d'inquiétude ou d'irritation que l'on éprouve, soit dans la souffrance d'un mal, soit dans l'attente de quelque bien.
  • Contact

Pages essentielles

Archives