Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 juin 2010 2 22 /06 /juin /2010 23:49


 

Je suis dans un entre-deux, j’ai été acceptée à retourner sur les bancs de l’école, je suis contente, vraiment.

 Avec  toutefois ce roulis d’entre ce qui c’est passé et ce qui est à venir.

J’ai aimé « reprendre des études » même si dans mon cas il s’est plutôt agi de « prendre ». J’ai trouvé passionnant la biochimie, j’y ai fait des découvertes qui pour certains reviennent à confectionner de l’eau tiède mais qui m’ont émerveillées. La physiologie m’a rendu encore plus attachée à cet étrange bipède qui non content de disposer d’une mécanique de toute beauté possède le désir d’en étudier les moindres rouages. L’écologie m’a répété que les mots ont un sens, et qu’ils doivent être utilisés dans leurs définitions et pas uniquement pour remplir des discours.

J’ai aimé descendre de mon bureau la tête farcie.

J’ai aimé devenir copropriétaire (avec mon tendre amoureux) d’une maison et y faire des travaux pour aménager « notre » espace.

J’ai aimé que la tempête dans mon cœur et mon cerveau se calme  et de pouvoir profiter de mes journées pour faire autre chose que pleurer.rouge

 

J’ai aimé tout ça, mais je crois que j’ai ouvert ce blog rien que pour ça.

Dans cet entre deux les fantômes se jettent sur moi.

Quelques heures de terreur, enfermée dans cette voiture, que vont-ils faire de moi ensuite ? Cette après midi où, je ne l’ai compris que beaucoup plus tard, j’ai voulu rejouer la scène. La scène, petite fille, coincée entre ces deux « grands », quel age ont-ils au juste ? Cette petite qui ne comprend rien à ces jeux de grands, mais que c’est un secret, un secret très grave, maman a dit : tais toi, oublies cette histoire. Cette après midi de terreur, elle l’a fait exprès, c’est pas possible, a-t-on idée de faire du stop alors qu’il y a des bus ?  Mais cet épisode  à joué à l’arbre qui cache la forêt, la forêt où la petite fille est restée coincée : tais toi, oublies cette histoire.

 

C’est fou comme un cerveau de petite fille est obéissant à sa maman : pendant de longues années j’avais oublié cette histoire. Mais mon corps n’avait pas oublié, et jusqu'à ce que mon cerveau se souvienne, j’avais toujours envie de vomir quand je me baladais en forêt, je m’y sentais très mal à l’aise, étonnant non ? Non. Pas du tout.

 

Puis la vie, qui est bonne fille malgré tout, a mis sur mon chemin un monsieur qui m’a demandé si j’avais déjà entendu parler du syndrome de stress post traumatique, et il m’a laissé son numéro de téléphone. C’est un peu son métier, réparateur de syndromés du stress post traumatictoc. Aujourd’hui je suis bien contente d’avoir rencontré ce genre de mécano. Parce que, mes fantômes, je les tiens en respect, même si je n’ai pas  réussi à les faire disparaître.

Partager cet article

Repost 0
Published by L'impatiente - dans tourner la page
commenter cet article

commentaires

Opale 08/06/2011 23:08



je tombe sur ton blog après un comm tweeter, non surtout ne te tais pas, jamais, ne nous taisons jamais...


On a vécu ces saloperies alors si on le peut, informons, que tout cela ne soit pas vain...


 


bon courage



Lyjazz 28/06/2010 13:03



Tu as tout à fait raison au sujet de la mémoire du corps.


Voir "notre corps ne ment jamais" d'Alice Miller


http://www.amazon.fr/Notre-corps-ne-ment-jamais/dp/2082103625


http://www.alice-miller.com/articles_fr.php?lang=fr&nid=11&grp=11


Et les livres d'Anne Ancelin Schûtzenberger sur la psychogénéalogie. Très intéressant, d'autant plus dans un parcours de PMA.


Il y a aussi la piste de la kinésiologie qui peut t'aider à faire sortir ce qui coince...


bon courage pour l'attente ! J'en avais profité pour aller au concert, profiter du soleil, des terrasses de café, sentir l'air sur ma peau, être présente à moi et à mon corps, centrée.



Madeline 25/06/2010 09:29



Moi aussi j'ai décidé de mettre de l'ordre dans ma tête avant que bébé ne se pointe. Je trouve que c'est important. Biz



Lily 23/06/2010 21:45



Moi je trouve ça bien de chasser ses fantômes, surtout quand on veut donner la vie. Bravo pour ton courage ! bizzzz



L'impatiente 24/06/2010 11:09



Merci pour vos gentillesse. Même si je n'ai plus (top) de honte j'ai toujours peur de déranger, et qu'on me dise beurk, tais toi!


Le tesson à bien perdu de son tranchant , Samantdi, rmais il lui arrive de se glisser dans ma chaussure, je vais continuer à le polir et lui faire une place sur une étagère.


J'ai toujours cru, PMgirl , qu'il existe une mémoire "du corps" que notre histoire s'inscrit dans nos cellules et nos tissus.


Lily, j'ai réouvert la chasse il y a quelques années, alors que je refusais farouchement que ça puisse être "dans ma tête" mais je suis allée voir un psy parce que surtout je
supportais mal l'infertilité et  les examens gynécos et que cela devennait vraiment pénible, et bien sur cela a été l'occasion d'un grand ménage.


C'est grâce à l'affection et aux gestes de tendresse que je reçoit, Marianne, et surtout la présence et l'amour du Tendre que j'ai choisit d'avancer, de rester là, et que je
trouve le courage de sortir mon tesson de ma godasse pour en faire un galet coloré.



samantdi 23/06/2010 16:57



Et tu écriras sûrement encore et encore pour dire, redire, sous d'autres formes, jusqu'à ce que le tesson de bouteille si blessant devienne pierre colorée que l'on pose sur une étagère, avec
d'autres.



  • : Une impatience
  • Une impatience
  • : Impatience : (n. f.) Manque de patience; sentiment d'inquiétude ou d'irritation que l'on éprouve, soit dans la souffrance d'un mal, soit dans l'attente de quelque bien.
  • Contact

Pages essentielles

Archives