Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 09:59

 J’ai peur des piqûres, si je regarde un film et que surgit une seringue, je plonge sous mon siège… dire que j’étais sereine en entrant en PMA serait un tantinet exagéré.


Les dames du labo m’avaient dit : prenez rendez-vous avec une infirmière qui se déplacera à votre domicile. Oui, mais j’ai des horaires, heu, qui n’en sont pas. Je ne peux pas être deux fois par jour chez moi à heure fixe. Misère, comment je vais faire ?


Allo ? Copine infirmière ? Qu’est ce que t’en penses ? La notice ? Je peux me débrouiller seule ? Cool ! Tu me montreras pour la première. Tout baigne.


Donc me voila partie pour mon premier tour de piste (ma première fiv quoi) le frigo est blindé de seringues, de fioles et de quelques bières (faut pas déconner).

Notre protocole (feuille de route de la fiveuse avertie) indique que la première injection doit être faite dans l’heure qui suit l’arrivée des règles : mazette, c’est à la fois très précis (dans l’heure) et flou (l’arrivée des règles -elles et moi avons rarement rendez-vous à date fixe-).


Bon, bon, bon, organisation… Pendant la période présumée je trimballe partout une glacière contenant tout le matos. A cette époque (Août 2008) je dirige ma petite entreprise de fabrication de conserves et la production se fait dans un atelier collectif à plus d’une heure de route de chez moi.


Ce jour là c’était du ketchup de poivron rouge.

La personne que j’avais embauchée pour le chantier est une amie, c’est plus facile pour expliquer que je risque de m’absenter un bon quart d’heure. Dans cet atelier, travaillent des éleveurs qui découpent ou font découper leur viande pour la vendre en direct, un traiteur qui tient une loge sur le marché de la ville voisine et moi, artisane confectionneuse de conserves fines de produits bio.


C’est le début du chantier, 400 Kg de poivrons rouges n’attendent que nous pour rejoindre leurs petits bocaux. Je sens bien que ça tiraille un peu, mais je ne VEUX pas que ce soit maintenant, je suis stressée par l’organisation du chantier, ici il n’y a pas d’endroit pour m’isoler tranquille et je ne tiens pas trop à me piquer devant mes collègues charcutiers–éleveurs.


C’est maintenant quand même.

Merde, je n’ais pas eu le temps de me faire briffer par la copine, je n’ai même pas étudié le mode d’emploi… merde, merde. J’ai les mains sales, je suis en tenue de cuisine, j’ai les jambes qui tremblent. J’veux pas y’aller.


J’y vais quand même. Le petit bureau, on y vient pour faire sa paperasse ou téléphoner, et à cette heure ci, rarement.

Je me lave vingt cinq fois les mains et les avants bras, je nettoie le bureau et déballe la came. Il faut faire le mélange avec la grosse aiguille dans la petite fiole, transvaser dans la seringue, puis changer pour une aiguille plus fine (ouf).


J’ai les mains qui tremblent trop, ça va être un carnage.

Désinfecter la zone, ok, pincer la peau (je suis bien contente d’avoir du gras finalement) et piquer perpendiculairement puis appuyer sur le piston, injecter tout le produit, tenir la peau quand on retire l’aiguille.

Si je relis soixante-douze fois la notice j’ai moins de chance de me faire mal ?


Tiens F. puisque tu rentres dans ce bureau que pourtant j’avais fermé, une petite question, tes cochons, ça t’arrive des les piquer ? Tu pourrais peut-être m’aider? Ben, t’es un peu pâle ! Tu ne piques que les cochons ? Ok, oui, merci tu peux refermer la porte.


Inspirer, expirer, j’ai pas que ça à faire aujourd’hui, y’a ma palette de poivrons qui m’attend, et choupette qui doit commencer à se trouver désœuvrée. Inspirer, expirer, piquer ! Vache, ça pique sa race ! Je traite l’aiguille de tous les noms d’oiseaux, en plus le liquide froid ça fais mal, bordel ! C’est fini.


Copine-collègue puisque t’es là : fais moi un bisou st’euplé. J’en ai bien besoin.

Un petit texto au Tendre : c’est parti !


On remet ça ce soir.

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by uneimpatience.over-blog.com - dans P.M.A.
commenter cet article

commentaires

Lyjazz 28/06/2010 13:13



J'ai déjà été invitée à 100km pendant le traitement.


M'éclipser pendant la photo du mariage pour aller au rdv avec une infirmière dans le bled voisin, revenir. Recommencer le lendemain...


Sinon j'avais trouvé un pool de 3  infirmières super qui venaient vraiment quand j'avais besoin, avec compréhension et tact, et que je croise toujours dans la ville avec beaucoup de
plaisir.... on se donne des nouvelles.


L'une d'elles est venue le jour de mon mariage pour me piquer la fesse : ça donne un autre goût à ce jour-là...


Mais pour les dernières tentatives j'avais une sorte de stylo pour me piquer le ventre seule, et c'était super pratique d'être autonome : un peu comme quand tu passes de l'épilation en institut
(qui me barbait) à l'épilateur électrique, que tu peux sortir à 2h du mat si tu as envie



p'tibout 12/06/2010 10:57



coucou je découvre ton blog à mon tour, merci pour ton message sur le mien ..... courage pour les pics pics ..... maintenant, ça doit aller comme sur des roulettes ???? Bizz



L'impatiente 14/06/2010 15:48



Salut p'tibout, on s'est déjà croisée sur le forum fiv france ou sur ton blog (sous un autre pseudo pour moi). à bientôt.



Marianne 07/06/2010 11:14



URGGGGH


J'aurais pas pu ça c'est clair !!!


 



PMGirl 03/06/2010 15:34



La premiere piqure c'est vraiment super flippant... Et le Déca fait super mal... et dire qu'après cela devient routinier...



L'impatiente 07/06/2010 12:43



Si la première était vraiement flippante, ce n'est jamais devenu routinier pour moi....



samantdi 02/06/2010 12:29



Tu es bien courageuse, parce que moi, la seule fois de ma vie où j'ai dû me faire une piqûre, je n'y suis pas arrivé, et j'ai dû appeler en catastrophe une infirmière... 


 


Ton texte est très visuel, je m'y voyais, dans la petite pièce, en plein travail.


Et je suis aussi frappée par le contraste entre la nature, les légumes à mettre en conserve, la viande à découper et l'irruption de la technologie de pointe, via la PMA, avec des protocoles si
rigoureux que c'est "à une heure près"...


 


Mais quand sait-on à l'heure près quand nos règles vont arriver, quand les poivrons seront mûrs ?



uneimpatience.over-blog.com 02/06/2010 16:51



Courageuse, je ne sais pas, je me disais juste que je n'avais pas le choix ...


Je  vois bien ce que tu veux dire en parlant de contraste, pourtant le monde dit "rural" n'est pas toujours coupé des avancées du progrès moderne (j'adore dire ça ...progrès moderne). Ceci
dit dans cet atelier au bord de la fôret, avec ses éleveurs (des paysans, des vrais, pas des exploitants agricoles) ses confits et mes seringues, du contraste il y en avait !!


On ne sait pas à l'avance, mais que ce soit pour les poivrons ou pour les règles il y a UN moment où tout bascule, et ça y est, c'est mûr ! même si dans l'écoulement des secondes nous ne le
persevons pas.



  • : Une impatience
  • Une impatience
  • : Impatience : (n. f.) Manque de patience; sentiment d'inquiétude ou d'irritation que l'on éprouve, soit dans la souffrance d'un mal, soit dans l'attente de quelque bien.
  • Contact

Pages essentielles

Archives