Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 10:13

J'en ai avait parlé par mail avec Franck, je l'avais évoqué sur le billet fantôme: un jour j'ai eu recourt à des techniques de soins énergétiques qui m'ont sauvé la vie.

 

J'en étais là : les traitements PMA ont réactivé des souvenirs de violences et déclenché chez moi un syndrome de stress post-traumatique. L'échographie pelvienne, plusieurs fois par semaine, par des praticiens souvent pressés et parfois manquant de délicatesse a fini par de devenir une véritable séance de torture.

Cette torture a envahi ma vie, la menace est devenue omniprésente, et je n'ai plus pu poser un pied devant l'autre.

Je suivais déjà une psychothérapie classique, qui m'aidait à saisir les contours de mon angoisse mais pas à la résoudre, j'avais l'impression que ces événements étaient gravés dans ma chair.

 Le hasard a mis sur mon chemin un ancien copain de lycée qui est devenu thérapeute en EFT : émotional freedom technique, c'est lui qui a prononcé les mots : stress post traumatique.

 

Ce que j'en ai compris :

L’événement traumatisant perturbe le fonctionnement de la mémoire et empêche le classement de l'épisode traumatique dans "les affaires résolues", ce souvenir reste dans un espèce de "présent, toujours là". Forcément ça encombre. La personne va alors retrouver un fort niveau d'angoisse dès l'apparition d'un signal faible, un son, un geste, une odeur... et se sentir en danger imminent. Parfois, pour éviter la survenue de ces stimulus, des gens ne se lavent plus parce qu'ils ne supportent pas la vue ou le contact sur leur corps, ou comme cela a été mon cas, ne sortent plus de chez eux, ne parlent plus, et évitent TOUT stimuli qui pourrait provoquer cette angoisse.


 Ce que me proposait ce copain, l'EFT, m'a d'abord semblé être un "truc" vaguement new age  et pour tout dire charlatanesque.

Gamine, j'ai toujours été soignée à l'homéopathie, ça pas ne m’a pas trop réussi (surtout du fait de la personne avec qui « ca ne passait pas »)  mais ensuite je me suis trouvé un acuponcteur-homéopathe  impeccable, j’ai un généraliste conventionnel très bien aussi, si on compte l’équipe PMA (gynécologue, biologiste, psychiatre), cela fait une équipe assez mixte dans les types de soins et de médecine.

J’y suis allé quand même au rendez-vous, pensant au pire que cela ne me ferai pas de mal.

 

Ce que j’en ai compris :

Nos émotions (surtout négatives) font des nœuds dans le système, et la machine se grippe. En tapotant des points d’acuponcture, et en « branchant » notre cerveau sur cette émotion, on fait circuler l’énergie (ne riez pas)  et on dissout ces nœuds. Les tapotements se font sur une ronde de gestes que l’on répète en répétant des phrases (ne riez pas j’ai dit). N’empêche, répéter plus de trois fois « je m’aime et je m’accepte entièrement » … à la première j’ai pouffé de rire, la troisième j’ai failli chialer submergée par l’évidence.

Pour en savoir plus sur l’EFT.

 

Le praticien que je suis allée voir pratiquait aussi l’hypnose Ericksonienne et la PNL, je pense que c’est aussi l’alliage des techniques qui a fait effet.

J’avais trouvé par hasard  le livre de François Louboff « J’aimerais tant tourner la page, guérir les abus sexuels subis dans l’enfance », le titre m’avait  sauté aux yeux et après l’avoir lu, je l’avais apporter à mon gars de l’EFT, en lui demandant s’il connaissait et pratiquait l’EMDR.

Il connaissait, en avait entendu parler dans une formation, si j’étais d’accord on pouvait essayer, j’étais d’accord. Et c’est magique, tout simplement.

 

Ce que j’en ai compris :

Quand nous dormons nos yeux bougent sous nos paupières, ces mouvements seraient les leviers d’aiguillages pour le classement  de notre mémoire, et toujours sur le modèle « on connecte son cerveau sur ce qui coince », on fait faire des mouvements à ses yeux en suivant un objet en mouvement plus ou moins répétitifs, et c’est tout !


Ce que j’ai aussi trouvé très efficace et  surtout « reposant » c’est de  ne pas avoir à raconter l’événement. Contrairement à la psy classique qui fait parfois revivre les choses, ce qui est très désagréable, puisque justement ce qui est insupportable c’est bien de le revivre sans cesse. Raconter, entendre sortir de soi les sons qui disent la violence peut être très difficile à vivre, on est souvent submergé par l’émotion et  pleurer ne sert plus à rien, on a déjà assez pleuré.

Avec ces techniques énergétiques, on est concentré en soi en toute intimité, sans même son propre jugement qui transparaît dans les mots que l’on dit. On se trouve aussi en sécurité, puisque concentré sur des souvenirs émotionnels on est plus dans le déroulé du film et on peut à tout moment arrêter pour plonger dans une image refuge (moi c’était les bras de mon amoureux).

Cela sonne assez grandiloquent mais je dis aujourd’hui que je suis guérie : je peux y penser, entendre un fait divers, entendre « moi aussi » dans un regard, sans perdre les pédales, c’est très agréable. Même, si je respire un grand coup, je peux écrire viol sans trembler. J’ai gardé le secret total pendant 5 ans, il a fallu ensuite une année de plus pour franchir la porte d’un professionnel. Ce premier « psy », tout ce qu'il y a de plus officiel et remboursé par la sécu, s’est avéré être un fou pervers (il est en prison aujourd’hui) : trois années de plus pour faire à nouveau le pas d’aller chercher de l’aide. J’ai trouvé un psy avec qui j’ai plus faire alliance 9 ans après les faits dont je me souvenais, 16 ans après ceux dont je ne me souvenais pas encore. Le déni et le silence permettent sûrement de protéger la plaie tend qu’elle n’est pas prête où que les conditions ne sont pas réunies pour sa cicatrisation, par contre gare à la surinfection !

 

Je pense aujourd’hui qu’il a fallu tout ça : le temps, la personne de confiance, un homme tendre pour me tenir la main ; et tous ceux-là : psys, médecins généralistes, (je me souviens d’un cardiologue à qui un médecin m’avait envoyé pour cause de grosse fatigue, qui m’avait demandé : « et la vie ça va ? » et qui avait conclu : « ça va pas, mais le cœur ça va, cherchez plutôt un psy »), acuponcteur, praticien EFT, gynécos PMA… Vers la fin de la dépression j’avais l’impression d’avoir tendu un filet bien serré, et qu’elle ne pourrait pas m’échapper ! (la $al#pe)

A chacun j’ai parlé des autres, dans l’idée que peut-être cela pouvait leur être utile, tous n’ont pas apprécié, aucun ne m’a demandé de choisir, certains était curieux ou même dans la collaboration, c’était très rassurant, j’avais une équipe, on allait gagner.

 

Je ne suis bien sûr pas compétente pour juger d’une manière scientifique de la valeur de telle ou telle pratique, par contre je ne me laisserai pas fermer une porte qui me propose une solution, et je ne crois à aucun dogme.

Je suis convaincue de l’intérêt de ces pratiques, je pense que la psy classique (basée sur la parole) m’a préparée à la psy énergétique, que les deux ont été complémentaires. Je pense aussi que les « classiques » devraient aller voir du côté des « alternatifs », qui eux-mêmes devraient parfois se doter d’un bagage théorique conventionnel qui sécuriserait leur pratique en permettant des échanges avec des médecins conventionnels.

 

J'ai envie de partager cette expérience, alors les questions, remarques, ... sont bienvenues.

 

 

 

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Commentaires

Coucou jolie belle.

Et gros câlin.

Je me demande, parce que ça me saute aux yeux, mais je comprendrais très bien que tu m'envoies paître ou que tu gardes silence, si tu avais "lié" à un moment dans ton chemin le viol et la difficulté à faire un bébé... et comment tu as avancé là-dessus.


Des gros bisous, va.

Commentaire n°1 posté par Anne le 14/11/2011 à 10h24

Coucou , non non aujourd'hui je n'envoie paître personne, et surtout pas ceux qui envoient les câlins.

Pour répondre à ta question, bien sur que j'ai fait le lien et il me semble aujourd'hui délié, et je pense que cet événement à une part, il n'est pas le seul loin de là, je pense aussi beaucoup à la pollution (je suis fille de paysans, et de plus, les toxiques de l'alimentation sont très souvent toxiques pour le sytème hormonal) et mon homme Tendre à aussi des difficultés. Je crois qu'il s'agit toujours d'un faisceau de raisons, et donc un faisceau de solutions.

gros bisous à toi aussi!

Réponse de L'impatiente le 14/11/2011 à 10h36

Je voudrais juste te dire merci de partager. Parce que même si ce que je vis n'a rien à voir, ce sont quand même des pistes que tu me donnes, et que ça fait du bien. De savoir que toutes ces approches existent (et sûrement d'autres), et que si jusque-là mes tentatives de thérapie n'ont pas fonctionné, c'est peut-être juste que je n'ai pas trouvé la bonne pour moi au moment M.

Et aussi de mentionner ce psy dingue. parce que ça existe et que c'est mieux en le sachant, quand même.

C'est bon à lire ton récit, comme celui d'une renaissance.

Et je te bise, te bise et te rebise !

Commentaire n°2 posté par zelda le 14/11/2011 à 12h25

J'aime l'idée que cela puisse servir, et c'est ce que je voulais, même si je trouve un peu ridicule le côté "témoignage mélo" . Je crois que j'ai encore besoin de pétrir cette histoire, pour la faire lever, en  partageant ce qui pour moi à été la solution.

Et oui les psys dingue dangereux ça existe quelle que soit leur étiquette, il faut se faire confiance, et parfois prendre ses jambes à son cou.

Et moi aussi je te bise.

Il me tarde de voir la bouille de ta petiote, j'y pense tous les jours!

Réponse de L'impatiente le 14/11/2011 à 20h48

J'aime cet article.

J'aime mélanger les médecines, traditionnelle et alternative.

C'est d'ailleurs une des choses que je reproche au centre PMA : ils ne cantonne qu'à eux, et rejette tout le reste (homéo, acu, transfert sous hypnose, etc.).

Moi, je trouve que c'est en piochant dans plein de domaine qu'on touche au but.

En tout ca,s dans ton récit, on sent l'apaisement.

Gros bisous

Commentaire n°3 posté par Lilou le 14/11/2011 à 13h25

je crois que oui, apaisée je le suis... contente que ca se sente.

Et oui, ne laissons pas les gourous nous enfermer, cherchons toujours à sortir de ce qui nous empêche, coûte que coûte.

Réponse de L'impatiente le 14/11/2011 à 20h50

Pour moi aussi ce sera un grand merci, (un tout petit peu différent de celui de Zelda même si celui-ci me fait très plaisir à entendre :*)).

Un merci en tant que jeune psychologue, qui se rend bien compte que les outils qu'elle a en tant que psychothérapeute, ne sont pas toujours suffisants, pire font parfois "plus de mal que de bien". Alors bien sûr, je connaissais toutes ces techniques dont tu parles de loin, mais ton témoignage, me donne encore plus envie de continuer à me former de ce côté là... en allumant de nouvelles lueurs d'espoir face au sentiment d'impuissance intrinsèque et nécessaire à ma pratique mais au combien douloureux parfois.

Alors merci profondément de ce dévoilement, qui m'ouvre des pistes, en confirme d'autres... oui le travail en équipe est à mon sens le c(h)oeur de notre travail.

Continue de prendre bien soin de toi.

Commentaire n°4 posté par Eclypx le 14/11/2011 à 13h33

Merci à toi de ton commentaire et bienvenue. La plupart des thérapeutes que j'ai croisé étaient surpris que "j'aille voir ailleurs", mais comme je leur disait que je désirait poursuivre aussi avec eux, que cela ne remettait pas en cause leur compétence à mes yeux, ils étaient aussi en confiance, et on à pu faire tous ensemble de l'assez bon travail je trouve.

Il y a deux ans quand j'ai choisi de changer d'orientation profesionnelle, j'ai hésité avec la psycho, et audelà du fait que j'avais l'impression de partir de trop loin au niveau théorique, j'ai surtout eu peur de cette impuissance dont tu parles. Il me semble qu'il faut être très fort dès fois pour laisser sortir certains patients de son cabinet...

Encore une fois je suis très contente si toute cette histoire peut servir,

Réponse de L'impatiente le 14/11/2011 à 21h00

Et bien pour ma part j'ai commencé un psychanalyse "classique" mais ton article m'a fait rappelé un truc que j'avais vu à la télé. On passe devant les yeux un baton à plusieurs reprises. La personne malade se concentre dessus et généralement elle se met à pleurer au bout d'un moment.

Et ça la guérit...

Bref le baton thérapie est utilisé pour les chocs post traumatiques.

En tout cas c'est un article très intéressant et j'espère que cette expérience t'a apporté et continuera à t'apporter que du bon.

Commentaire n°5 posté par PlumeQuiEnfante le 15/11/2011 à 17h34

Je trouve ton article super intéressant et super touchant. Je n'ai pas vécu ton traumatisme mais un autre difficile aussi, le suicide d'un proche. Et c'est mon infertilité qui m'a fait prendre conscience qu'il fallait que j'en parle à quelqu'un. J'ai donc commencé une psychothérapie. Elle a duré deux ans, elle m'a beaucoup apporté. Mais au bout de ces deux ans j'ai eu envie de m'occuper de mon corps. Je fais de la sophro et de la thérapie comportementale pour mes pbs de poids et ça m'aide bcp aussi. Associée à de l'ostéopathie. Et je suis d'accord avec toi il faut mêler les expériences.

EN tout cas merci pour ce partage, c'est très enrichissant..Et bravo d'avoir le courage de tenter tout ça... C'est très très très fort !!! bises

Commentaire n°6 posté par Lily le 15/11/2011 à 21h41

Je suis moi aussi tombé sur une psy de merde (pas pervers mais incompétente). J'y suis allée après avoir été agressé (enfin après l'avoir dit, soit deux ans après les faits) et elle m'a fait un court de victimologie où en gros pour ne pas être victime, il fallit que je sois brune, les yeux marrons, sans vêtments agicheurs, pas de bijoux en or et que je rentre fissa chez moi parès le boulot. Autant mettre une burqua et rester cloitrée. Heureusement par la suite, j'ai trouvé la psy qui m'a aidé à m'en sortir (thérapie comportentale). Je pense que peu importe la méthode, c'est surtout le thérapeute qui compte. Et notre cheminement. Biz

Commentaire n°7 posté par La fille le 20/11/2011 à 20h14

Salut, c'est une des filles rencontrées dans la salle d'attente à Toulouse. Juste un mot pour te dire que je travaille comme infirmière dans un service en psychiatrie où l'EMDR est utilisé depuis maintenant qq années et que nous avons vraiment des belles histoires de renouveau. CA MARCHE!!!

 

Commentaire n°8 posté par Sophie le 04/12/2011 à 11h20

  • : Impatience :(n. f.) Manque de patience; sentiment d'inquiétude ou d'irritation que l'on éprouve, soit dans la souffrance d'un mal, soit dans l'attente de quelque bien.
  • : 19/05/2010
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