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13 juillet 2011 3 13 /07 /juillet /2011 23:38

est-ce une cause ou un conséquence de mon métier, je ne le sais pas.

 

C'est Irouwen, qui par ces questions m'a donné envie de raconter ce que je fais dans la vie.

 

Je suis étudiante, j'ai été cuisinière, chef de cuisine et artisanne, je ferais bientôt l'ingénieur qualité (en vrai je n'aurais pas un titre d'ingénieur, je sais bien que ingénieur c'est beaucoup plus prestigieux que Master 2, mais on va faire le même métier au final, et j'aime bien faire ma fière...)

 

Comment c'est arrivé :

 

J'ai commençé par la cuisine car ado c'est ce que je faisais de mieux : à la maison toute la famille disait "houlala c'est bon, tu devrais ouvrir un resto".

En fac de lettre moderne, déjà c'était la ville, et en plus je n'avais pas envie d'être prof et je n'avais pas imaginé qu'on puisse faire autre chose, rajoutez à ça qu' en 95 la fac à été fermée plus de trois mois, ...

Un peu désoeuvrée, je me suis embauchée dans un resto, parce qu'ils avaient l'air gentils et étaient d'accord de m'apprendre la bourdaloue, le tian de légumes, ...bref j'avais poussé une porte et elle s'était ouverte...

on se faisait et on faisait plaisir dans cette petite cantine de quartier...

 

Puis j'ai appris le métier, deux ans d'apprentissage, BEP Cuisine, à la dure. Là, je me suis dit que si je voulais sauver ma peau il me fallait un diplome : BTS hôtellerie, option art culinaire.

C'était un peu après la vache folle, le jambon aux phosphates,...  J.P.Coffe gueulant : "c'est d'la merde!!", Bové et le démontage du Macdo de Millau, le début des filières qualités aussi...

 

Il faut dire, je suis fille de paysans, et, comme pour beaucoup c'est un label, un signe de reconnaissance, que l'on soit tendance Conf'pé ou FNASEA, on se reconnait, on vient de là, de la terre où il pousse des trucs qui se mangent. Je veux bien reconnaître que cette concience est encore plus marquée du côté des gens de la conf'...

 

Ensuite le Tendre est parti à la capitale et je n'ai eu envie ni de l'y suivre, ni de rester ici sans lui.

 

Alors je suis partie en Bretagne, Licence Pro Recherche et développement en Industrie Agro (le vrai nom c'est :  en art culinaire industrialisé, mais je suis pas trop pour me foutre de la gueule du monde), j'ai découvert, moi la montagnarde, la vie au bord de la mer...c'était...comme sur ces photos, peut-être dix kilomètres au sud. J'ai appris qu'avec les marins et enfants de, on partageait ce truc aussi, le plaisir de nourrir les gens en travaillant de la "ressource naturelle"...

 

Puis parce que le train c'est cher et que l'hiver il fait froid, j'ai rejoint mon Tendre amoureux à Paris.

Là, je dois avouer que le nombre de contacts issus du "monde agricole" ont été plus rares.

Alors je suis redevenue cuisinière, à diriger un restau bio, (a boboland, oui on peut en rire). Ca m'allais bien, le bio, surtout après la session art culinaire indutrialisé.

Et puis finalement au travers ce label, je commençais à recoller les morceaux. La nourriture, fruit de la terre et du travail des hommes, qui  nourrit nos corps, mais qui tisse des liens entre nous, nous à table, nous et les nappes phréatiques, nous et les veaux de batteries, nous et nos commercants, ceux à qui on donne notre argent, fruit de notre travail, pour qui on roule au final?

 

Puis j'ai été licenciée, alors on est rentré au bercail, parce que les loyers ça va bien, et que (c'te blague), pour les enfants que nous allions avoir (là, on est en 2005), ce serait plus sympa de vivre près de nos familles, et qu'on serait bien content de les voir plus souvent.

Alors j'ai monté ma petite entreprise, conserverie fine, en bio, ça m'allais toujours, mais j'ai voulu y rajouter le local. C'est à dire que je trouvais couillon de faire venir des  produits bio de l'autre bout de la planête, que le transport, la mondilaisation, toussa...

Puis j'ai fait des FIVs, puis j'ai pleuré tout le temps pendant un petit moment, et j'ai planté mon entreprise.

Alors j'ai repris des études.

Master 2 qualité des produits et sécurité des aliments..

Aujourd'hui je fais mon stage dans la boite qui gère, protége, anime, booste les "filières qualité", ces lieux où on essaye d'inventer des moyens, des stratagèmes, avec des élus, (oui oui, des politiques), pour que les paysans crèvent pas tout de suite et que les gens à table en aient pour leur argent.

Je travaille sur un site internet (là aussi on peut rire, dire que je n'y pipe rien ... ) de mise en relation sur la région pour développer le nouveau truc à la mode : les circuits courts et de proximité.

C'est l'objet de mon mémoire.

J'ai même été amenée à causer du sujet avec un sociologue dont le principal thème de recherche c'est la bouffe justement, enfin, nous,  la bouffe, les vendeurs, les travailleurs, ...

Et à l'écouter causer, je suis pas sûre qu'il soit pas fils de paysans.

 


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Published by L'impatiente - dans côté cuisine
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commentaires

irouwen 15/07/2011 21:21



Et bien qu'elle présentation.


Ce que tu raconte, donne très envie de te rencontrer pour de vrai.


C'est joli tout ces histoires de cuisines, de faire à manger pour les autres. Et de conceptualiser tout cela, par des études.


D'ailleur depuis que je galère, grave pour trouver du travail dans mon domaine, j'ai pensé, voir élaboré l'envie d'ouvrir un restaurant, qui soit aussi un lieu culturel. Où les artistes du coin,
pourrait exposer leurs oeuvres, où des séances de massages assis, serait proposés., où l'on pourrait grignioté un truc en lisant un livre.


J'ai mon autre idée, qui me tient beaucoup à coeur, ce sont des photos sur le travail des paysans, que j'aimerais montrer par chez moi. J'aimerais y associer des textes, pour parler du travail
des paysans et valoriser ce travail.


Mais voilà, si j'ai les idées, je n'ai pas encore la force et surtout l'argent pour monter ce truc, qui me prend bien la tête.


Avec ton parcour très riche, je pense que tu vas écrire un superbe mémoire. tu dois le rendre quand ??


 



Lise 14/07/2011 16:08



Un beau parcours en spirale qui te rapproche toujours plus de toi :-)


Belle route.


Lise, spiraleuse aussi en son genre



zelda 14/07/2011 12:20



Il faut que je te présente une amie. Un parcours qui me fait penser au tien un peu, un rapport au monde qui passe par la cuisine (celle qu'on mange, celle qu'on fait, celle qu'on partage, celle
dont on parle), et après le même BTS que toi (je crois), elle fait aujourd'hui une thèse en socio de l'alimentation . Et vous êtes dans la même ville.


 


Bon, il faut aussi toujours d'abord (mon deuxième prénom c'est adverbe, tu savais ?) que je me présente moi-même, je sais !



L'impatiente 14/07/2011 14:13



ha mais oui il faut que tu me la présente ! et que moi aussi je me présente à toi, mais ça viendra, ça ce fera, c'est sur!



  • : Une impatience
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  • : Impatience : (n. f.) Manque de patience; sentiment d'inquiétude ou d'irritation que l'on éprouve, soit dans la souffrance d'un mal, soit dans l'attente de quelque bien.
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