Impatience : (n. f.) Manque de patience; sentiment d'inquiétude ou d'irritation que l'on éprouve, soit dans la souffrance d'un mal, soit dans l'attente de quelque bien.
Ou plutôt nuit une. Nous sommes arrivés dans la nuit et Juliette nous a ouvert la porte « mais non, vous ne me réveillez presque pas, il n’est que 3h et demie, par contre excusez-moi je retourne me coucher, je me lève tôt demain ». C’est peut-être là que le ton a été donné, ici on sera choyé, reçu, accueilli comme des amis, tout le temps, partout.
L’appartement sous les toits est très chaud mais nous pouvons faire un courant d’air entre les deux terrasses. Une des terrasses donne sur la mer de Marmara et l’embarcadère de Kadiköy et l’autre sur l’ancienne gare, le Bosphore et sur l’autre rive le quartier de Sultanahmet, on voit les six minarets de la mosquée bleue, le parc de Topkapı, Aya Sofia… Nous savons où nous avons atterri : Istanbul !
Nous retrouvons avec émotion dix ans après les bruits de la nuit stambouliote : les mouettes, les télés crachotantes, les moteurs de cette ville qui ne dort jamais, et au moment où nous allons nous coucher, comme pour nous saluer, l’appel du muezzin.
Le matin nous faisons le tour du quartier de Kadiköy [prononcer : Kadikeuy]. C’est un quartier paisible, et nous le découvrirons au fur et à mesure, assez bobo, ici on ne vote pas Erdoğan [Erdooan] et on porte peu le foulard et encore moins la tenue complète toute noire. On y retrouve ce qui me plait le plus dans cette ville : sa mixité, de visage, de religions … Les Turcs peuvent avoir des visages très différents : balkaniques ou caucasiens, pâles ou sombres et très brun avec parfois les yeux clairs, ou l’inverse, ou encore asiatique, proche des visages mongols. Par contre nous verrons très peu de visages africains.
Premier café turc, kahve, sade pour moi (sans sucre). Il faut attendre un peu pour boire son kahve, le temps que le marc descende bien au fond de la tasse, ensuite il ne faut pas boire goulument, sinon on se retrouve avec du marc plein la bouche… Avoir un türkish Kahvesi, c’est tout un art en fait ! Un art de riche, ici c’est le thé la boisson pas chère qui permet de rester des heures au bistro avec les copains sans trop débourser : un thé (çay) c’est 1 TL (+/- 0, 35 €) alors que le kahve c’est plutôt 4 à 5 TL (türkish lira)
Première traversée en vapur, [vapour] les bateaux bus qui relaient les deux rives du Bosphore. Chaque destination à son embarcadère, ceux de kadiköy sont entre 5 et 15 minutes à pied de notre appart, facile. Christelle qui nous sous loue sa part de la coloc nous a laissé son instanbulkard, qui nous permettra de prendre facilement les transports pendant tout notre séjour (bus, métro, funiculaire et vapur).
Pour le premier jour on fait les classiques : mosquée bleue et sainte Sophie, les touristes sont là, et bien là ! (Ils ont raison c’est magnifique). La mosquée bleue est littéralement prise d’assaut, et pendant que R. fait la queue, je commence à écrire les premières lignes de mon carnet de voyage. Nous sommes LE vendredi saint du Ramadan (Ramazan ici), vraiment pas le bon jour pour la visite, la foule annule le charme du lieu. Les croyants mâles peuvent accéder à la salle de prière qui occupe la majeure partie de la mosquée (le croyant femelle doit souvent se contenter d’un placard grillagé derrière les touristes !D’un autre côté je ne suis pas sûre que les femmes aient envie de lever leurs fesses vers le ciel devant tout le monde et que leur croupe soi sous tous les regards !). Sainte Sophie est beaucoup plus calme, du coup on profite mieux des lieux (on ferra même une petite sieste dans les travées des balcons, un garde viendra nous prévenir de la fermeture imminente !)
J'ai tenu un carnet, les 17 jours de notre voyage.
Comme ça tout doucement je retrouve un peu le chemin des mots.
Donc, voila les copains, vous avez pas tout à fait fini de bouffer de la photo moche faite avec le téléphone et des récits mièvre et énamouré de nos retrouvailles avec cette ville.