Impatience : (n. f.) Manque de patience; sentiment d'inquiétude ou d'irritation que l'on éprouve, soit dans la souffrance d'un mal, soit dans l'attente de quelque bien.
Jour 3
Nous nous levons assez tard.
Nous avons plusieurs rendez-vous aujourd’hui.
Mais avant ça, nouvelle traversée du Bosphore. Nous débarquons à karaköy, sous la tour de Galata pour longer le fleuve en direction du « musée de l’innocence ». C’est Orhan Pamuk qui a imaginé et fait construire ce musée en même temps qu’il écrivait le roman du même nom. Les trois étages d’une maison rouge regroupent des boites-vitrines qui sont consacrée chacune à un chapitre du livre. Cela parle essentiellement d’amour, d’obsession et de nostalgie : la vitrine de la première salle couvre tout le mur, où sont épinglés, classés par années et annotés de quelques mots qui ont marqués l’instant des mégots de cigarettes de la femme aimée. L’ensemble est terriblement romantique et un brin mélancolique aussi. Mais faute de bien comprendre l’anglais (les audio-guides sont en Turc ou en Anglais) et d’avoir lu le roman (je l’ai acheté depuis !) il nous manque pas mal de clefs pour profiter pleinement du lieu.
En continuant le long du Bosphore nous arrivons au musée Istanbul Modern, qui comme il se doit pour un lieu d’art contemporain est installé dans d’anciens entrepôts industriel (j’ai toujours des sentiments mêlés à ce sujet, c’est bien que les bâtiments servent, et le résultat est souvent chouette, mais ils sont où les gens qui travaillaient ici ?).
Le musée est chouette, pas très grand et la collection permanente m’a bien plue, une version orientale des impressionnistes à nos jours (évidement je n’ai retenu aucun noms…), dans la collection temporaire il y avait une partie expo collective de photos vraiment très bien, dont les sujets principaux étaient les manifs de Gezi en 2013, et d’autres sujets sociaux, j’en garde de belles images et des sentiments forts (ils y ont cru, tellement, qu’enfin « quelque chose » allait arriver qui renverserai la situation politique …).
Une œuvre rassemblait des centaines de livres ouverts accrochés couvertures vers le haut, à quelques centimètres au-dessus de nos têtes, comme un faux-plafond d’oiseaux-livres… superbe !
Dans le quartier, (comme partout dans Istanbul) il y a d’immenses escaliers qui permettent d’escalader ou de dévaler la ville, ceux que nous voyons ici mènent vers la place Taksim , nous apprendrons l’histoire plus tard : vers le printemps 2013, un escalier a été repeint un jour par un habitant du quartier, qui n’aimait pas le gris . Quelques jours plus tard, les autorités, trouvant que c’était bien des libertés, recouvrai l’escalier du gris d’origine. L’habitant, qui n’était pas parti pour faire la révolution, mais juste quelque chose de joil pour les voisins se troubla, et les occupants de la place, printemps 2013, Taksim, se joignirent à lui, et repeignirent tous ensemble tous les escaliers du quartier de mille couleurs ! Fallait pas l’énerver …
J’espère qu’ils vont rester longtemps aussi colorés. Et que les voisins de Taksim et des environs trouveront longtemps la foi, l’énergie et la peinture pour continuer.
aparté : j'aime retrouver mes carnets,me replonger dans ces rues, et ces moments, mais ça doite quand même être assez chiant à lire, non ? Mais c'est pour moi, pour conserver des traces...bref je suis pas véxée du tout du tout si vous lisez pas, commentez pas (sauf si c'est parce que vous êtes occupés à lire Valérie, nan là vraiemet faut pas déconner !)