Impatience : (n. f.) Manque de patience; sentiment d'inquiétude ou d'irritation que l'on éprouve, soit dans la souffrance d'un mal, soit dans l'attente de quelque bien.
Deux blastocystes dans le tiroir depuis mardi matin, hier donc, et un résultat pour dans 15 jours.
Quinze jours qu'il va falloir passer jours après jours, et des fois minutes après minutes.
J'ai envie de me livrer à un petit jeu : trouver et essayer de raconter 15 bons souvenirs d'enfance, je veux dire de la mienne.
Parce que la machine à rêves est lancée à plein et que je me vois déjà avoir rencard en ville avec un grand garçon ou une grande fille qui aurait le teint frais et des rêves pleins les yeux, ou au bord de la rivière avec des ronflements de nourrisson dans les oreilles...
Donc pour ne pas me laisser envahir par ces rêves-là qui ne servent à rien, je peux trouver au moins 15 bons souvenirs de mon enfance.
J'ai toujours cru que je n'avais pas de souvenir d'enfance, que je ne me souvenais de rien, peut-être parce qu'à l'injonction qui m'avait été faite d'oublier un événement traumatisant j'avais répondu avec trop de zèle, et jeté le bébé avec l'eau du bain, si je puis dire.
Mais ce n'est pas possible que je n'en trouve pas au moins 15 et des bons, les mauvais seront interdits de séjours
Je dois avoir cinq ans, nous habitons, mes parents, mon frère, Frédé et moi dans "la petite maison".
La petite maison est plus bas dans la rue par rapport à "la grande maison".
Dans la grande maison, il n'y a plus personne, mais c'est là que nous y avons fait nos premiers pas Frédé, moi et d'autres enfants, nous y vivions en communauté. A la naissance de mon petit frère nous avons quitté cette communauté et la "grande maison" pour cette bicoque en bas du village. Bicoque n'est pas une image, il n'y a ni douche ni toilette et un petit poêle à bois dans la pièce du bas.
Dans cette petite maison, j'avais une chambre qui donnait sur une placette où, aux beaux jours, ma mère mettait l'eau dans des bassines au soleil pour nous laver. La fenêtre qui donne sur cette place possède un large rebord, je pouvais très largement m'y installer.
Je me souviens avec une grande précision avoir souvent attendu le lever du jour, assise entre le rideau et la vitre, les levers de soleil et les premiers passants. Il y avait encore des étables dans les villages et je voyais renter chez elle après la traite, la femme chez qui nous allions chercher le lait. C'était le signal, je pouvais descendre et aller chez ces gens dont j'ai complètement oublié le nom, mais je n'ai pas oublié que j'y allais souvent pieds nu et en chemise de nuit, quand tout le monde dormait chez moi, me faire offrir un bol de lait.
C'est un très bon souvenir, de liberté et de douceur aussi.
les enfants de la "petite maison" Frédé, le blondinnet et moi la brunette, le bidou dans son transat. Je n'ai que très peu de photos de moi petite, c'est une de mes grand-tante, quand elle est rentrée en maison de retraite qui m'a donné deux albums avec marqué Marie dessus, aujourd'hui je lui suis infiniment reconnaissante. Un jour je raconterai peut-être qui est ce Frédé qui n'est pas mon frère.